Des propos sans détour

Il est impossible de faire abstraction de cette perception très répandue auprès du public, voulant que l’industrie forestière soit un secteur d’activité en déclin qui abat des arbres et détériore l’environnement. Ainsi, face à une demande qui demeure faible pour des produits comme le bois d’œuvre et le papier journal, il est tout à fait normal de remettre en question l’avenir d’entreprises comme Tembec. Voici quelques réflexions franches et sans détour sur ces questions.

L’industrie du bois d’œuvre connaît-elle en déclin irréversible?

L’industrie du bois d’œuvreLa technologie n’a pas été en mesure de remplacer le bois d’œuvre. Nous croyons que la faiblesse actuelle des marchés nord-américains est cyclique et qu’elle ne durera pas. En tant que ressource renouvelable et matériau de construction le plus écologique en matière d’émissions de carbone, le bois d’œuvre a décidément un avenir dans un monde qui, à juste titre, apprécie la durabilité.

Depuis 1968, la population mondiale a doublé pour atteindre sept milliards d’êtres humains et, selon les prévisions, elle devrait passer à huit milliards d’ici 2025, puis à 9,3 milliards d’ici 2050. Ce type de croissance laisse présager des besoins à long terme pour de nouvelles constructions. Il faudra donc disposer de bois d’œuvre, un matériau extraordinairement polyvalent.

L’industrie forestière a-t-elle un avenir dans un monde de haute technologie?

Haute technologieNous entrevoyons un brillant avenir pour les produits forestiers qui entrent dans la fabrication de produits électroniques. Notre secteur de la cellulose de spécialités fabrique des produits comme l’acétate de cellulose (raffiné à partir de pâte de bois) qu’utilisent les films optiques de technologie LCD (afficheur à cristaux liquides) pour les écrans des téléphones intelligents et des ordinateurs. Cela nous permet d’avoir accès à un marché en expansion à marge élevée et de contrer ainsi le fléchissement continu que connaît le marché traditionnel du papier journal.

D’autres secteurs en pleine croissance, tels les produits pharmaceutiques, l’alimentation, les cosmétiques et le forage pétrolier, comptent sur les produits de la cellulose de spécialités et c’est pourquoi il est tout à fait logique pour nous d’investir dans ce secteur d’activité.

Le secteur de la cellulose de spécialités vient compléter celui des matières premières, notamment la pâte et le bois d’œuvre, qui constituent les activités de base de Tembec – plus exposées aux aléas de l’économie. L’équilibre ainsi établi fait de Tembec une entreprise plus stable promise à un véritable essor quand l’économie se redressera.

L’exploitation forestière contribue-t-elle à la déforestation?

ReplantationTout compte fait, nous plantons plus d’arbres que nous n’en abattons. La gestion forestière responsable exige une rapide régénération des zones exploitées afin de ne pas contribuer à la déforestation. Et dans ces zones où la forêt elle-même réussit à assurer une meilleure régénération naturelle des zones récoltées que ce que l’homme peut faire en y plantant des arbres, Tembec laisse la nature faire son oeuvre. Dans certaines régions,par exemple en France, ce sont nos fournisseurs qui font le travail, mais il faut souligner qu’il y a toujours une régénération, principalement sous forme de replantation.

Nous sommes fiers de nos activités forestières au Canada où la loi exige que l’on assure la régénération après la coupe et où le taux de déforestation est pratiquement nul. Cela est tout à fait à l’opposé de ce qui se passe dans les tropiques où la déforestation représente quelque 20 % des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale.

L’énergie renouvelable peut-elle réduire la dépendance de Tembec à l’égard de l’énergie classique?

L’énergie renouvelableC’est déjà fait – et Tembec est devenue un producteur d’énergie. Au Canada, l’industrie des pâtes et papiers compte maintenant sur l’énergie renouvelable pour combler les deux tiers de ses besoins énergétiques. La majeure partie de cette énergie est tirée de la biomasse, grâce à laquelle on produit de l’énergie verte, sous forme de vapeur et d’électricité. Tembec produit également des biogaz dans ses installations de traitement des effluents, des biogaz qui remplacent les combustibles fossiles. En outre, cinq de nos usines cogénèrent de l’électricité.

Les projets en cours qui portent sur la biomasse, les biogaz et la cogénération de l’électricité donneront lieu à une augmentation de la production d’énergie renouvelable par Tembec. Nous planifions aussi des investissements d’envergure dans la cogénération d’électricité verte, ce qui fera de nous un producteur encore plus important.

La foresterie durable et l’énergie renouvelable ne sont-elles que de l’écoblanchiment?

Foresterie durableNous travaillons ici, nous vivons ici – nous prenons donc ces enjeux au sérieux. La grande majorité de nos employés travaillent dans des terrains forestiers ou des usines situés dans des régions où les forêts, les cours d’eau et la faune sont les principaux attraits. Naturellement,nous voulons soutenir ce mode de vie et protéger l’environnement où nous vivons. Dans de nombreux cas, les exploitations de Tembec sont littéralement dans nos arrière-cours – de là l’importance que nous y accordons.

Toutes les forêts gérées par Tembec ont obtenu la certification du Forest Stewardship Council® (FSC®), une certification qui prend en compte les besoins environnementaux et sociaux locaux et qui nous permet donc d’avoir une compréhension claire des normes des collectivités sur ces plans.

La gestion forestière responsable, l’utilisation de la biomasse et de la bioénergie pour réduire la consommation de combustibles fossiles, et la cogénération bénéficient à l’environnement et à la collectivité dans son ensemble. Ces pratiques nous permettent également de faire de bonnes affaires et nous aideront ainsi à assurer l’avenir de notre compagnie.