Entretien avec notre chef de la direction – Questions et réponses
Q : Sur quoi la compagnie s’est-elle concentrée au cours des trois ou quatre dernières années?
R : Refaçonner Tembec pour le mieux. La clé a consisté à nous départir de secteurs d’activités où nous n’étions pas concurrentiels, dans lesquels nous n’étions pas en mesure de devenir des chefs de file de l’industrie, ou encore dans lesquels nous n’avions pas une véritable marque distinctive. Nous avons donc mis un terme à nos activités non viables et nous nous sommes départis d’actifs secondaires pour nous concentrer en priorité sur la compétitivité, les coûts et notre bilan.
Q : La consolidation se poursuivra-t-elle dans l’industrie des produits forestiers?
R : Oui, parce que la consolidation permet de créer des entreprises plus fortes et plus spécialisées. Voici un exemple à l’appui : À la fin de 2011, nous avons vendu nos actifs dans le secteur du bois dur à parquets à un chef de file dans le domaine. La transaction a permis à cette société de renforcer ses activités de base, et à Tembec de se départir d’un secteur où elle n’était qu’un petit joueur, pour utiliser le produit de la vente afin de renforcer ses activités de base. Les deux parties y gagnent.
Q : Vos activités de fabrication sont-elles concurrentielles?
R : La productivité est à la hausse et les coûts à la baisse. Les ventes par employé – une mesure de la productivité au sens large – ont augmenté d'environ 40 % entre 2006 et 2012. Au cours de la même période, nous avons réduit de moitié les frais de vente, les frais généraux et les dépenses administratives. Aujourd’hui, nos installations de fabrication ont soit de faibles coûts d’exploitation, soit la capacité de réduire ces coûts moyennant des investissements supplémentaires.
Notre solide bilan nous place en bonne position pour investir dans notre avenir tout en conservant les valeurs et principes directeurs qui définissent notre façon de conduire nos affaires. Certains projets en cours liés à l’énergie verte réduiront nos coûts et amélioreront notre productivité et notre performance environnementale; les retombées seront donc nombreuses.
Q : Quel sera le visage de Tembec dans l’avenir?
R : Nous serons une société de produits forestiers hors du commun. Tembec prévoit effectuer des dépenses en immobilisations de plus 400 millions de dollars dans deux domaines : la production d’énergie verte, principalement la cogénération d’électricité, et l’amélioration de nos activités de fabrication dans tous les secteurs. Ces différentes mesures contribueront à renforcer et à stabiliser les revenus au cours du cycle; Tembec sera moins dépendante de produits de base dont les prix fluctuent en fonction de l’économie. Et nous restons à l’affût des occasions qui se présenteront au fur et à mesure de la consolidation de notre industrie.
Q : Vous concentrerez-vous sur un secteur particulier de votre portefeuille?
R : La cellulose de spécialités, où les marges de profit sont élevées et la croissance constante. Tembec est le numéro deux mondial dans ce secteur. Nous aimons les secteurs d’activité dans lesquels nous sommes en mesure de dominer et nous voulons offrir à nos clients une valeur qu’ils ne peuvent trouver ailleurs. La demande en cellulose de spécialités est plus stable que la demande de bois d’œuvre, de pâtes ou de papier, et les activités dans ce secteur fournissent donc des revenus et des bénéfices nets plus stables.
Grâce à un projet de 21 millions de dollars (16 millions d’euros) complété en 2012, notre installation de fabrication de cellulose de spécialités de Tartas, en France, a pu augmenter sa production d’électricité verte. Et la signature d’un contrat de cogénération à long terme contribuera à la stabilité du flux de rentrées.
Q : Quelle est la principale composante de votre plan d’investissement?
R : Des dépenses en immobilisations dans le domaine de la cogénération qui changeront la donne. En 2012 nous avons investi 190 millions de dollars dans notre usine de fabrication de cellulose de spécialités de Témiscaming dans le cadre de la première phase d’un projet en deux phases de 310 millions de dollars. La Phase 1 vise à améliorer nos coûts, notre productivité et notre performance environnementale, en plus de produire en cogénération 40 mégawatts d’électricité verte par année, garantissant ainsi des revenus constants à long terme tout au cours du cycle économique.
La cogénération d’électricité est un processus qui existe déjà dans cinq de nos installations – nous connaissons donc le domaine; de plus, le projet de Témiscaming se fonde sur une technologie éprouvée. Et la dette demeurera gérable. Il ne s’agit donc pas d’un projet à haut risque.
Nous examinons par ailleurs la possibilité d’investir une somme supplémentaire de 120 millions de dollars dans nos installations de Témiscaming en 2014-2015. Cette deuxième phase accroîtrait la capacité de production de cellulose de spécialités de 30 000 tonnes (soit une augmentation totale de 10 %), permettant de produire en cogénération dix mégawatts d’électricité verte de plus par année, et de réduire les coûts.
Q : Quelles mesures prendrez-vous pour accroître la compétitivité de vos autres secteurs d’activité?
R : Nous investirons des flux de trésorerie dans nos activités, afin d’accroître la productivité et de réduire les coûts. Au début de 2013, notre plan d’amélioration des activités se composait de dizaines de projets de moindre envergure, comportant des investissements d’une valeur totale de plus de 120 millions de dollars. Nous voulons que chacune de nos installations de fabrication se situe dans le premier ou le second quartile de son industrie sur le plan des coûts, afin d’en assurer la compétitivité même en période de récession économique.
Nous pouvons accélérer le processus en augmentant le flux de trésorerie, ou encore le ralentir, en réduisant le flux de trésorerie en cas de ralentissement économique. Dans certaines installations, comme les scieries, nous implanterons des technologies qui sont maintenant courantes dans cette industrie. Nous n’étions tout simplement pas en mesure de faire de tels investissements avant d’avoir restructuré nos activités et redressé notre bilan.
Q : Quels rôles jouent la cellulose de spécialités et l’électricité dans votre portefeuille?
R : Ils viennent compléter nos produits de base – bois d’œuvre, pâte et papier – pour lesquels la demande est cyclique. N’oublions pas que le bois d’œuvre, pour lequel la demande est faible depuis quelques années déjà, deviendra l’un des grands atouts de Tembec lorsque l’économie américaine et son secteur de l’habitation seront à nouveau en expansion.
La clé réside en ceci : la plus grande constance de la demande en cellulose de spécialités et en électricité signifie que nous n’aurons pas à attendre une reprise du marché du bois d’œuvre ou de la pâte pour générer des bénéfices intéressants.
Q : Quel rôle joue le bois d’œuvre pour Tembec?
R : Le secteur du bois d’œuvre résineux demeure l’un des piliers des activités de Tembec et cela nous donnera une longueur d’avance lorsque le marché de l’habitation reprendra de la vigueur.
Tembec est l’une des rares sociétés à avoir obtenu la certification du Forest Stewardship Council® (FSC®) pour toutes les forêts canadiennes que gère notre société. Et, nous croyons que la gestion responsable des forêts fait la différence dans une industrie des produits de base comme celle du bois d’œuvre.

