Entretien avec notre chef de la direction – Questions et réponses

James Lopez a joint les rangs de Tembec en 1989. Président et chef de la direction depuis 2006, sa vision de l’industrie des produits forestiers est résolument tournée vers l’avenir. Il répond ici à différentes questions sur le cheminement de Tembec et sur la direction qui s’annonce pour l’avenir.

Q : Sur quoi la compagnie s’est-elle concentrée au cours des trois ou quatre dernières années?

R : Refaçonner Tembec pour le mieux. La clé a consisté à nous départir de secteurs d’activités où nous n’étions pas concurrentiels, dans lesquels nous n’étions pas en mesure de devenir des chefs de file de l’industrie, ou encore dans lesquels nous n’avions pas une véritable marque distinctive. Nous avons donc mis un terme à nos activités non viables et nous nous sommes départis d’actifs secondaires pour nous concentrer en priorité sur la compétitivité, les coûts et notre bilan.

Q : La consolidation se poursuivra-t-elle dans l’industrie des produits forestiers?

R : Oui, parce que la consolidation permet de créer des entreprises plus fortes et plus spécialisées. Voici un exemple à l’appui : À la fin de 2011, nous avons vendu nos actifs dans le secteur du bois dur à parquets à un chef de file dans le domaine. La transaction a permis à cette société de renforcer ses activités de base, et à Tembec de se départir d’un secteur où elle n’était qu’un petit joueur, pour utiliser le produit de la vente afin de renforcer ses activités de base. Les deux parties y gagnent.

Le même raisonnement s'applique à notre vente de l'usine de pâtes à papiers chimiques NBSK de Skookumchuck en Colombie-Britannique, en 2013. Comme nous n'étions pas en mesure de devenir un leader sur ce marché, nous nous en sommes retirés et cette vente nous a permis de mieux se positionner afin d'investir dans d'autres actifs de notre portefeuille.

Q : Vos activités de fabrication sont-elles concurrentielles?

R : La productivité est à la hausse et les coûts à la baisse. Les ventes par employé – une mesure de la productivité au sens large – ont augmenté d'environ 40 % entre 2006 et 2012. Au cours de la même période, nous avons réduit de moitié les frais de vente, les frais généraux et les dépenses administratives. Aujourd’hui, nos installations de fabrication ont soit de faibles coûts d’exploitation, soit la capacité de réduire ces coûts moyennant des investissements supplémentaires.

Notre solide bilan nous place en bonne position pour investir dans notre avenir tout en conservant les valeurs et principes directeurs qui définissent notre façon de conduire nos affaires. Certains projets en cours liés à l’énergie verte réduiront nos coûts et amélioreront notre productivité et notre performance environnementale; les retombées seront donc nombreuses.

Q : Quel sera le visage de Tembec dans l’avenir?

R : Nous serons une société de produits forestiers hors du commun. Tembec a effectué des dépenses en immobilisations de plus 500 millions de dollars au cours de la période 2011-2015, orientées vers deux aspects : la production d’énergie verte, principalement la cogénération d’électricité, et l’amélioration de nos activités de fabrication dans tous les secteurs. Ces différentes mesures contribueront à renforcer et à stabiliser les revenus au cours du cycle; Tembec sera moins dépendante de produits de base dont les prix fluctuent en fonction de l’économie. Et nous restons à l’affût des occasions qui se présenteront au fur et à mesure de la consolidation de notre industrie.

Q : Vous concentrerez-vous sur un secteur particulier de votre portefeuille?

R : La cellulose de spécialités, où les marges de profit sont élevées et la croissance constante. Tembec est le numéro deux mondial dans ce secteur. Nous aimons les secteurs d’activité dans lesquels nous sommes en mesure de dominer et nous voulons offrir à nos clients une valeur qu’ils ne peuvent trouver ailleurs. La demande en cellulose de spécialités est plus stable que la demande de bois d’œuvre, de pâtes ou de papier, et les activités dans ce secteur fournissent donc des revenus et des bénéfices nets plus stables.

Grâce à un projet de 21 millions de dollars (16 millions d’euros) complété en 2012, notre installation de fabrication de cellulose de spécialités de Tartas, en France, a pu augmenter sa production d’électricité verte. Et la signature d’un contrat de cogénération à long terme contribuera à la stabilité du flux de rentrées.

Q : Quelle est la principale composante de votre plan d’investissement?

R : Des dépenses en immobilisations dans le domaine de l’électricité verte qui changeront la donne. En 2012, nous avons lancé un projet d’investissement majeur dans notre usine de fabrication de cellulose de spécialités de Témiscaming, le plus important depuis plusieurs années dans l’industrie des produits forestiers. Le nouveau complexe a commencé à produire de l’électricité en janvier 2015, amorçant ainsi un contrat d’approvisionnement de 25 ans avec Hydro-Québec. Il va améliorer les coûts, la productivité, les performances écologiques et augmenter la capacité d’énergie verte à 50 mégawatts ce qui va générer des revenus sur une base régulière. Ce projet de 273 millions de dollars va répondre à l’augmentation graduelle prévue de la capacité de production de l’usine de cellulose de spécialités.

La cogénération d’électricité est un processus qui existe déjà dans quatre de nos installations – nous connaissons donc le domaine. De plus, le projet de Témiscaming se fonde sur une technologie éprouvée. Notre dette demeurera gérable.

Q : Quels rôles jouent la cellulose de spécialités et l’électricité dans votre portefeuille?

R : Ils viennent compléter nos produits de base – bois d’œuvre, pâte et papier – pour lesquels la demande est cyclique. N’oublions pas que le bois d’œuvre, pour lequel la demande est faible depuis quelques années déjà, deviendra l’un des grands atouts de Tembec lorsque l’économie américaine et son secteur de l’habitation seront à nouveau en expansion.

La clé réside en ceci : la plus grande constance de la demande en cellulose de spécialités et en électricité signifie que nous n’aurons pas à attendre une reprise du marché du bois d’œuvre ou de la pâte pour générer des bénéfices intéressants.

Q : Quel rôle joue le bois d’œuvre pour Tembec?

R : Le secteur du bois d’œuvre résineux demeure l’un des piliers des activités de Tembec et cela nous donnera une longueur d’avance lorsque le marché de l’habitation reprendra de la vigueur.

Tembec est l’une des rares sociétés à avoir obtenu la certification du Forest Stewardship Council® (FSC®) pour toutes les forêts canadiennes que gère notre société. Et, nous croyons que la gestion responsable des forêts fait la différence dans une industrie des produits de base comme celle du bois d’œuvre.